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parutions

2024

 

 

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Eric Dubois 
publie 
Nul ne sait l'ampleur 
Poèmes
aux éditions unicité
45 p, 12 €
Ce livre, recommandé par "Les poètes",
fera l'objet d'une prochaine émission

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Bonjour à toutes et tous,
"Juin, bon garçon, détache l’hameçon. Mai n’avait rien laissé paraître mais il ferrait les proies qu’avril filait dans les trous d’eau. (...)"
Anne-Marie Beeckman "Les Heures"
 
Au plaisir de vous saluer !

 

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RAPPEL : PO&PSY vous attend au rendez-vous !

 

Rencontres avec les artistes 

  • Lors du vernissage, le vendredi 31 mai à 18h30
  • Lors du finissage, le dimanche 14 juillet à 18h30

Rencontres avec les auteurs

 

Dimanche 9 juin de 16h30 à 19h30

présence exceptionnelle du poète iranien Alizera ROSHAN 
qui lira "Jusqu'à toi combien de poèmes" (po&psy princeps 2011)

 

Samedi 15 juin de 10h30 à 12h30 et de 16h30 à 19h30

Lecture bilingue suisse allemanique / français de Foliesophie 
de Urs JAEGGI (po&psy in extenso 2019) 
par son traducteur Alain JADOT

 

Samedi 22 juin de 10h30 à 12h30 et de 16h30 à 19h30

Lecture bilingue occitan / français de Le vent qui parle le paradis (po&psy princeps 2023) par Joan-Peire TARDIU


 

ERES EDITIONS ET FORMATION
33 AVENUE MARCEL DASSAULT - 31500 TOULOUSE
www.editions-eres.com



 

 

 

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Vient de paraître

 

Gérard Cartier

 

LE ROMAN DE MARA

(Tarabuste, mai 2024)

 

 

 

 

140 p. - 14 €

 

 

 

 

 

 

Ce livre est une manière de roman : celui d'une enfant qui grandit, découvre le monde et s'émancipe. C'est aussi le roman de celui qui l'élève, à qui elle échappe peu à peu. Deux vies mêlées (et même trois, car c'est en creux le roman de l'absente), où la fiction sert une autre vérité que celle des événements. S'il s'agit d'un roman quant au récit, c'est bien un livre de poésie, affranchi de tout prosaïsme, multipliant les formes et les rythmes... (Extrait de la Présentation de l'éditeur).

 

 

 

(Pompei)

 

Rien n’est plus délicieux échappant un soir
au lacis des ruines        comptoirs de garum
égouts noirs chambres de passe aux lits plâtreux
coït interrompu        rien n’est plaisant comme
ayant recraché le nuage de cendres
de s’éprouver vivant        une closerie
sous les grenadiers résidence d’un peuple
de guêpes soûles        la cadence garder
la cadence        et sans se retourner sur soi
ni sonder sa fin louer l’instant        Mara
de son éventail chasse le temps la peau
à vif déchirée par les mûres        ce sang
qui coule vif et clair ne sera pas long
à cailler et noircir        verser en attendant
l’huile et répandre le sel        bar au fenouil
chair sans fiel        délectable        et combattre
les fumées de l’esprit par le vin remède
d’Hildegarde de Bingen qu’a sur l’ardoise
prescrit l’aubergiste malinconia
Roero Areis 2x

 

 

 

 

 

 

 

 

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La Lettre du Lac Noir
N° 47 –  Mai 2024 
 
 
VAGABONDE ET REBELLE
FUMIKO HAYASHI
 
 
 
C’est en 1930 que Fumiko Hayashi a acquis une précoce notoriété en publiant, après plusieurs poèmes et brefs récits parus en revues, Hôrôki (Vagabonde), son journal romancé, où elle raconte son parcours littéraire.

Fille de marchands ambulants, elle a vécu une vie de bohème, exerçant toutes sortes de métiers dont ceux d’ouvrière à la chaîne, de vendeuse, de serveuse, d’entraîneuse et de chanteuse de cabaret, ayant plusieurs liaisons avec des peintres, des acteurs et des écrivains, avant de voyager à l’étranger (en France, en Italie, en Indonésie, en Chine, en Russie) et de devenir correspondante de guerre.

Ses nouvelles, comme ses romans adaptés au cinéma par Mikio Narusé qui a grandement contribué au maintien de sa renommée au Japon et dans le reste du monde, contiennent une importante part autobiographique transfigurée, et l’on retrouve le ton qui caractérise son journal, à la fois désabusé, cru, méditatif et rêveur, par alternance sarcastique et lyrique. […]

Si les thèmes les plus fréquents sont l’amour et la rupture entre deux êtres à la dérive (avec la menace de la grossesse, le risque de l’adultère, le refus d’un enfant et la crainte d’un avortement), il y est beaucoup question de la guerre et des pénuries qui l’ont accompagnée et suivie, l’incendie et les bombardements de la capitale ayant contraint une grande partie de ses habitants à la fuir, à chercher des moyens incertains de subsistance et à découvrir en province un autre type de vie, souvent au milieu d’orphelins, de veuves, de vieillards, de parents ayant perdu ou abandonné leurs enfants. […]

Le recours aux poèmes et aux fables, au cœur même d’une narration impressionniste et fluide, est récurrent chez Fumiko Hayashi, qui rejoint là une tradition littéraire japonaise qui a donné lieu à de grandes œuvres, classiques et modernes. […] La forme du conte (que l’on retrouvera dans les trois nouvelles pour la jeunesse, évidemment) et la tendance au fantastique sont les moyens d’aborder, sans pesanteur et sans didactisme, des problèmes sociaux ou psychologiques et de témoigner, en l’occurrence, de la guerre, du front, de l’exil, de la faim, de la séparation, de la précarité et surtout de la démobilisation et de la défaite.

Si l’on a déjà signalé, à propos de Vagabonde ou de Nuages flottants, la parenté de l’écriture de Fumiko Hayashi avec celle de l’Anglaise caribéenne Jean Rhys (1890-1979) dont la vie et le style ont de nombreux points communs avec les siens, on trouvera ici des analogies avec le monde imaginaire de Kenji Miyazawa (1896-1933) qui appartient à sa génération […]
 
L’influence des écrivains russes était revendiquée par Hayashi dans ses textes réflexifs. C’est ici Tchékhov dont la marque est la plus reconnaissable dans la nouvelle chorale intitulée "Recherche d’emploi".

La tentation de la déchéance est combattue par une composante empathique et humaniste très forte, sensible dans plusieurs nouvelles choisies ("Le gobie de rivière", "Consolation", "Centre-ville"), où l’amitié, la maternité, la solidarité dans l’épreuve, la générosité prennent le relais de la passion sans lendemain. […]

La dernière nouvelle, "Centre-ville", qui est parmi les plus tardives et les plus structurées, offre de la vie d’un couple, que le hasard a formé et le désir a soudé éphémèrement, une image moins cynique, moins désespérée que les précédentes […], mais tout aussi douloureuse.
 
Fumiko Hayashi donne alors toute la mesure de sa lucidité et de son originalité poétique, usant comme toujours d’un style fragmentaire, syncopé et concis, par éclairs et allusions, par visions fugitives dans lesquelles paraissent éclatantes sa sensibilité aux lieux et sa grande capacité évocatrice des errances solitaires et nocturnes, dans des quartiers de plaisirs ou dans des zones désertes, au bord de la mer, au bord des fleuves, sur des rivages désolés, meurtris par la guerre, dans des milieux paysans, minés par la pauvreté, ravagés par la violence, le désir perverti et la faiblesse des hommes.
 
René de Ceccatty, extraits de la préface du livre La Flûte de la grue 
 
 
LES TROIS NOUVEAUTÉS
DU MOIS

En librairie le jeudi 2 mai  2024
Distribution Sofédis
 
Fumiko Hayashi
La Flûte de la grue
NOUVELLES
Traduit du japonais et présenté par René de Ceccatty 
Collection Le Rouge & le Noir 

ISBN 978-2-845-90368-5 –  240 pages  –  17 €
 
Cet ouvrage est le deuxième de la nouvelle collection de fiction des éditions Arfuyen, Le Rouge & le Noir. Après un roman traduit de l’anglais et d’un esprit proche de Katherine Mansfield, des nouvelles traduites du japonais dans une ambiance qui évoque beaucoup les films d’Ozu et Ishikawa Takuboku, publié par le Éditions Arfuyen depuis leurs tout débuts .
Fumiko Hayashi est une des figures majeures de la littérature japonaise. C’est en 1930 que Fumiko Hayashi a acquis une précoce notoriété en publiant Vagabonde, son journal romancé. Beaucoup de ses nombreux romans et nouvelles ont été adaptés au cinéma par le grand réalisateur Mikio Naruse, et notamment le chef d’œuvre de ce dernier Nuages flottants (1955).
Les onze nouvelles inédites ici présentées datent des années 1930-1948, sa période de maturité. Elles ont été traduites et préfacées par l’un des meilleurs connaisseurs français de la littérature japonaise, René de Ceccatty, par ailleurs romancier, essayiste et traducteur de l’italien.
Un pays dévasté, où les journées se passent à chercher un emploi, un toit, de la nourriture. On entend voler des avions américains. Certains hommes sont partis se battre dans une guerre que l’on ne comprend pas. D’autres ont tenté l’aventure en Mandchourie. Des enfants, des épouses, des amis ont disparu.
Et pourtant, dans cette ambiance de désolation, une forme étrange de sérénité, comme si les destinées individuelles comptaient moins qu’un moment de beauté ou qu’un sourire de bonté sur un visage. Comme si seul importait ce chant mystérieux de la flûte pour éviter de « perdre l’espoir, quelle que soit l’adversité ».
L’écriture vive et rapide d’Hayashi s’ouvre aux tonalités les plus diverses, des récits d’errances dans la grande tradition japonaise jusqu’à des visions apocalyptiques ou des récits quasi légendaires. Sa tonalité est très proche de celle d’Ishikawa Takuboku, lui aussi révolté par une société patriarcale et répressive, qu’elle cite fréquemment.
 
 
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Vincent La Soudière
Batelier de l'inutile 
Texte établi et annoté par Sylvia Massias
Postface de Marc Wetzel 

Collection Les Vies imaginaires
ISBN 978-2-845-90369-2  –  160 pages  –  16 €
 
Vincent La Soudière (1939-1993) n’a publié de son vivant qu’un seul tout petit livre, Chroniques antérieures (1978). Dix ans après la mort de l’écrivain, les éditions Arfuyen ont été les premières, en 2003, à lancer avec Brisants la publication de son œuvre.
De nombreuses éditions ont vu le jour depuis lors par les soins de Sylvia Massias : au Cerf les trois forts volumes des lettres à Didier (2010-2015, 1800 pages) et une biographie, Vincent La Soudière, la passion de l’abîme (2015) ; dans la revue Nunc un dossier La Soudière (2017) ; enfin aux éditions La Coopérative, un ensemble de fragments sous le titre Eschaton (2022).
« L’ayant rencontré plusieurs fois, je sais qu’il n’écrira jamais rien de gratuit, écrivait Henri Michaux. Ce qu’il fera connaître est important. » Cioran lui aussi s’enthousiasmait pour la « haute tenue littéraire » de ses écrits « dont il me semble, écrivait-il, difficile de ne pas admirer l’unité de ton et de vision ».
Écrits de 1988 à sa mort en 1993, les textes ici réunis constituent une sorte d’autobiographie et donc aussi de testament. Le titre Batelier de l’inutile a été choisi dans une liste de titres listés par l’auteur. La figure de Pessoa hante ces réflexions : « Le secret, écrit-il, c’est de laisser ta personnalité au vestiaire, et de laisser se défaire le fantôme de ton moi. »
C’est ainsi seulement qu’on peut espérer devenir celui que l’on a toujours été, « source jaillissante qui n’a jamais quitté la lumière éternelle ». C’est ainsi que peut advenir cette « autre naissance», pressentie dans la contemplation des « étoiles scintillantes » sous le regard maternel du firmament.
Pour la première fois, le philosophe et critique Marc Wetzel a accepté d’écrire ici le témoignage de ses rencontres avec Vincent La Soudière. « C’était un homme étonnamment lucide, se souvient-il, (auquel l’intelligence aiguë de ses faiblesses semblait coûter peu), qui savait que ses facilités travaillaient contre lui. […] Je crois que le drame vital de son génie était qu’il n’avait pas de force non-créatrice. Tout passait à “retenir quelque chose du Mystère”. »
 
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Margherita Guidacci
Le Retable d'Issenheim
suivi de L'Horloge de Bologne 

Traduit de l'italien et présenté par Gérard Pfister 
Collection Neige
BILINGUE

ISBN 978-2-845-90370-8  – 120 pages  –  14 €
 
Née deux ans avant Cristina Campo et d’une inspiration très proche, Margherita Guidacci (1921-1992) a été publiée par les éditions Arfuyen dès 1977. Quatre autres recueils ont suivi, ainsi que deux traductions (Dickinson et Powers).
La fluidité et l’intensité de son écriture ont exercé une profonde influence sur nos choix éditoriaux. Spécialiste de la littérature anglaise et américaine, Margherita Guidacci a été la première traductrice de l’œuvre d’Emily Dickinson en Italie.
Le Retable d’Issenheim, épuisé dans la collection Les Cahiers d’Arfuyen, est réédité ici avec L’Horloge de Bologne dans la collection bilingue Neige, donnant aux deux recueils leur pleine dimension.
Margherita Guidacci a publié ses deux grands cycles poétiques, Le Retable d’Issenheim (1980) et L’Horloge de Bologne (1981), à un an de distance. Avec le recul du temps les deux font résonner la même éternelle plainte de l’humanité souffrante.
On sait que Picasso de passage en Alsace en 1932 avait été très frappé par le Retable d’Issenheim, joyau du Musée d’Unterlinden à Colmar, dont on retrouve nettement l’empreinte dans le Guernica de 1937.
Face au célèbre Retable, Guidacci médite la présence du mal et de la violence dans l’homme à travers les siècles. Car la beauté renversante du grand cycle de peintures de Mathis Grünewald fait apparaître avec d’autant plus de cruauté le cortège de souffrances et de malheurs dont, hier et aujourd’hui, l’homme est tout à la fois la victime et le coupable.
« Confrontons / nos cauchemars, Mathis : lesquels choisirons-nous ? », s’interroge Margherita Guidacci. D’un côté, l’humanité du XVIe siècle, frappée par les épidémies, les guerres, les famines. Grünewald nous montre les corps mutilés et pourrissants, les visages affolés, les hurlements. De l’autre, le monde moderne, où le mal prend le visage de la guerre et du terrorisme.
Guidacci en prend pour symbole l’attentat à la gare de Bologne, le 2 août 1980, le plus meurtrier en Europe (85 morts et 200 blessés) jusqu’aux attentats de 2015 à Paris (130 morts et 352 blessés). Sur le mur de la gare, l’horloge de Bologne reste aujourd’hui encore bloquée à 10 h 25, l’heure de l’explosion.
 
Bouton
 
TROIS LIVRES
À REDÉCOUVRIR
 
Elisabeth von Arnim 
Un été en montagne 
ROMAN

Traduit de l'anglais par Paul Decottignies
Collection Le Rouge & le Noir 
ISBN 978-2-845-90366-1 –  240 pages  –  17 €
 
Cousine de Katherine Mansfield, Elizabeth von Arnim (1866-1941) fait partie de ces romancières britanniques qui ont imposé un ton nouveau dans la littérature comme Virginia Woolf, Vita Sackville West, Ivy Compton-Burnett ou Elizabeth Bowen. Une large partie de son œuvre a été traduite en France, chez Bartillat, 10/18, Plon, Mercure et Belles-Lettres. Trois films ont été tirés de ses romans Avril enchanté et Mr. Skeffington.
Totalement inédit en français, Un été en montagne (In the Mountains) a paru en 1920, deux ans avant son livre le plus connu Avril enchanté (Enchanted April). Arnim y est au sommet de son art, fait d’une écriture familière et fluide, artistement improvisée, et d’un ton plein d’humour, de finesse et de nostalgie. Pétillante comme le champagne.
Juillet 1919 : la narratrice arrive à son chalet de montagne, dans le Valais suisse qu’elle n’a pas revu depuis le 1er août 1914. Fatiguée et déprimée, elle s’effondre dans l’herbe avant même de franchir le seuil. « C’est tellement humiliant d’être à ce point bouleversée. Je me sens aussi ridicule que malheureuse ; comme si quelqu’un avait pris mon visage et l’avait frotté de poussière. » Mais tout de suite, grâce à la magie de l’écriture d’Elizabeth von Arnim, le paysage est là.
Naguère bruissante de gaieté, la maison est à présent silencieuse. Seuls avec la narratrice, le couple de gardiens qui voit d’un mauvais œil qu’on vienne déranger ses habitudes. Ils parlent en français dans le texte, d’où de savoureux dialogues où l’élégante Londonienne se retrouve souvent, malgré son humour et sa bonne volonté, en position difficile.
Mais cette sorte de tranquillité ne durera pas : une situation des plus étranges s’instaure avec l’arrivée de deux femmes venues de nulle part et marquées par un lourd secret. Kitty, terriblement convenable et polie, et Dolly, sa cadette, toujours souriante et silencieuse.
Au premier étonnement, succède l’inquiétude et une brûlante curiosité. Le huis clos devient confrontation et se développe en une enquête quasi policière. L’art d’Elizabeth von Arnim, d’une fascinante finesse psychologique et d’une réjouissante ironie, est de nous entraîner jour après jour à sa suite. Jusqu’à une fin imprévisible et merveilleusement « british ».
 
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Ishikawa Takoboku
Un printemps à Hongo
Journal en caractères latins 
Traduit du japonais par Alain Gouvret 
Préface de Paul Decottignies
Collection Les Vies imaginaires
ISBN 978-2-845-90304-3  –  168  pages  –  16 €
 
Les Éditions Arfuyen ont commencé de publier Takuboku dès 1979. Après de nombreuses rééditions, trois volumes de poésie bilingues sont à leur catalogue : Ceux que l’on oublie difficilement précédé de Fumées (2017), Le Jouet triste (2016) et L’Amour de moi (2003). Depuis longtemps en projet, voici, grâce à Alain Gouvret et William English, la traduction d’un texte en prose essentiel : le fameux « Journal en romaji » tenu par Takuboku en 1909.
Poète de la jeunesse et de la révolte, Takuboku a une tonalité unique dans la littérature japonaise, faite de liberté, de crudité et d’une déconcertante innocence. Mort à 26 ans, Takuboku est considéré comme le Rimbaud japonais. Véritable mythe dans son pays, il est le personnage principal d’un célèbre manga de Jiro Taniguchi.
De juin 1907 à avril 1908, Takuboku a vécu dans les brumes d’Hokkaïdo, la grande île du nord, les pires moments de sa vie. Malade et sans le sou, il décide cependant d’aller accomplir à Tokyo son destin littéraire. Ce n’est qu’en mars 1909 qu’il trouve enfin un poste de correcteur au grand quotidien Asahi.
Le 7 avril 1909, il commence l’écriture du « Journal en caractères latins », texte unique dans l’histoire de la littérature japonaise. Marqué par ses échecs, le jeune homme de 23 ans joue son va-tout. Pour briser le vieux moule de la littérature japonaise et se permettre de tout dire, il tente une expérience singulière : substituer aux caractères japonais les caractères latins. C’est une totale libération.
Ses besoins sexuels, ses sautes d’humeurs, ses lâchetés, ses contradictions, il les aborde en entomologiste, comme s’il s’agissait d’un autre : « Je suis une personne née individualiste. Le temps passé avec d’autres me semble toujours vide, sauf quand on le passe à se battre » (11 avril). Même terrible lucidité dans son regard sur la société : « Le système matrimonial actuel – tous les systèmes sociaux – pleins d’absurdités ! Pourquoi devrais-je être enchaîné à cause de mes parents, de ma femme, de mon enfant ? Pourquoi mes parents, ma femme, mon enfant devraient-ils être sacrifiés pour moi ? » (15 avril).
La voix de ce Journal est la même que celle de ses plus beaux tankas, immédiatement reconnaissable dans son immense compassion et sa profonde autodérision. Ce Journal si étrange, si difficile à traduire, le voici enfin disponible au public francophone.
 
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Vincent La Soudière
Brisants
Texte établi par Sylvia Massias
Collection Les Cahiers d'Arfuyen
ISBN 978-2-845-90029-5 – 176 pages – 13 €
 
En 1988, dix ans après ses Chroniques antérieures et après une égale période de grandes souffrances intérieures, Vincent La Soudière entreprend d’écrire ce qu’il appellera lui-même un peu plus tard des « aphorismes ». Les textes sont rassemblés dans trois cahiers numérotés.
Fin 1989, Vincent La Soudière a déjà choisi un titre : Brisants. Ce livre a donc clairement été voulu comme tel par Vincent La Soudière.
Plus encore que Chroniques antérieures, Brisants témoigne de la quête spirituelle qui fut au centre de la vie de La Soudière : «mystique aspiration », chez un auteur qui, à l’âge de 22 ans, fut postulant dans une abbaye bénédictine. Il la quitta pour l’amour d’une femme, mais ne se remit jamais de ce départ – vécu comme une exclusion –, menant dès lors une vie d’errance et de souffrance, physique et spirituelle : « La vie, écrit-il dans Brisants, n’est que souffrances et renoncements. La poésie aussi. Autant dire qu’elles s’abreuvent secrètement à une même source ; la source de l’incomplétude, de l’admirable et brisante incomplétude. »
Cette brisante incomplétude, c’est de n’être pas encore né : « Je suis inconsolable de n’être pas encore né », « Ma seule souffrance est que je n’ai pas encore été nommé ». Ce désir de naître enfin, de naître à nouveau, est incessante recherche du père, attente de « la Grande Rencontre » : « Très loin dans les sables, tu n’es pas sans remarquer un point fuyant : c’est mon père qui ne m’a pas encore engendré. »
Attente désespérante, mais pleine de confiance et d’amour : «Nous sommes faits pour Toi, ô vertigineux Amour. Appelle tes brebis, elles reconnaîtront ta voix. » L’homme, nous dit La Soudière, n’a d’autre dignité que d’être « sentinelle de sa propre naissance ».
 
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LA REVUE DE PRESSE
 
 
Mai 2024
Ainsi parlait Anatole France, de Guillaume Métayer, lu par Michel Ménaché (Europe)
 
Mai 2024
Villa Florida, de René Schickele, lu par Freddy Raphaël (Europe)
 
29 avril 2024
 
29 avril 2024
 
27 avril 2024
 
24 avril 2024
 
19 avril
 
7 avril 2024
 
6 avril 2024
 
5 avril 2024
Un été en montagne, d’Elizabeth von Arnim, lu par Philippe Barthelet (Valeurs actuelles)
 
30 mars 2024
 
25 mars 2024
 
23 mars 2024
 
 
 

 
 
 
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© 2024 Éditions Arfuyen
 
 
 
 

 

 

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La dernière traduction et publication

du poète Daniel Giraud (1946 - 2023)

qui vivait à Oust dans la Haute Ariège

 

 

 

 

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Bientôt le tome VI de mes albumanachs : « 2023 » 
En librairie fin mai début juin !
Julien BLAINE

 

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Ce livre a fait l'objet de l'émission du mardi 7 mai 2024 et du 14 mai 2024

 

 

 

 

 

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Elisabeth Aragon
fait paraître aux
éditions az'art atelier
Garde-moi de l'oubli
voir couverture
voir annonce de l'éditeur : 
https://www.azartatelier-editions.com/livre/garde-moi-de-loubli-de-elisabeth-aragon/
avec bon de commande.
Ce livre fera l'objet d'une prochaine émission. 
 

 

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Marc Tison - Marc Bernard 
Nouveau clip poésie musique 
 
 
 
-Les Varennes-
 
"Un texte et des images d'une sorte de "post romantisme" des villes"
"L’amour en mémoire dans les ruines"
La dernière sortie numérique du duo : Ep « Les Varennes » + « Souvent »  (en écoute ICI
Plus d’infos Marc Tison Poésie : https://marctison.wordpress.com/

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Philippe Berthaut
a fait paraître
aux éditions Jacques Brémond
 
LE MOTAGER DE POÈMES 
ou comment jardiner le langage 
pour faire pousser des poèmes
Voir:
http://lepaysjongle.fr
 
http://shoutout.wix.com/so/19On3qNnS?languageTag=fr
 

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La Lettre du Lac Noir
N° 46 –  Avril 2024 
 
 
SIMONE WEIL
UNE MYSTIQUE DE L'ACTION
 
 
Dans « L’importance de Simone Weil », un texte de 1960, Czesław Miłosz écrivait : « La France fit un don merveilleux au monde moderne en la personne de Simone Weil. La venue au XXe siècle de pareil écrivain défiait toute probabilité, mais il arrive que l’improbable se produise. » Il nourrit pour la philosophe française une admiration sans réserve, sans pour autant cacher les aspérités de son œuvre et de sa pensée qui, selon lui, sont de nature à effrayer ou rebuter le lecteur timoré. […]
Disciple du Christ jusqu’au mysticisme, celle que ses détracteurs surnommaient la « Vierge rouge », comme Louise Michel avant elle, était également proche de Boris Souvarine, des républicains espagnols et des combats anticoloniaux. Véritable activiste du pacifisme, son discours changea du tout au tout au moment de l’armistice de 1940, jusqu’à voir dans le refus de se battre une lâcheté et une compromission. Très tôt, son engagement politique la rapproche du syndicalisme et du communisme, mais elle refuse de souscrire au culte du progrès, réfute jusqu’à l’existence même d’une doctrine marxiste, et s’oppose avec véhémence à un Trotski qui n’a pas de mots assez durs à son encontre. […]
Se considérant comme un « esprit médiocre », cette grande lectrice de Platon se voyait condamnée à vivre dans l’illusion et donc dans le malheur, comme en écho au mythe de la caverne. La vérité lui étant ainsi refusée, elle aimait « mieux mourir que vivre sans elle ». Son obsession de la vérité, à laquelle elle n’a jamais rien cédé dans ses multiples engagements jusqu’à se retrouver seule parce qu’incapable du moindre accommodement, cette quête qui ne va cesser de la consumer durant les vingt années suivantes s’est manifestée à l’issue d’une sorte de crise existentielle aux alentours de ses quatorze ans.
Trois ans plus tôt, elle avait découvert sa judéité, comme elle le racontera à la fin de sa vie à un Jacques Maritain auquel elle demande de l’aider à rentrer en France, alors qu’elle vient d’arriver à New York avec ses parents : « Je suis d’origine israélite, mais mes parents, tout à fait agnostiques, m’ont laissé ignorer mon origine jusqu’à l’âge de onze ans et m’ont élevée en dehors de toute religion. » Il y a peut-être là une forme de blessure originelle inconsciente qui, parce qu’elle n’a pas été nommée ni guérie, ferait de Simone Weil une juive qui se refuse à l’être. […]
Pour elle, le « péché impardonnable » des Hébreux est d’avoir perçu Dieu « sous l’attribut de la puissance et non pas sous l’attribut de Dieu ». Alors qu’elle se passionnera pour les Upanishads ou la Bhagâvad-Gîtâ, elle est incapable de se plonger dans la lecture de l’Ancien Testament en s’en tenant au « devoir de probité intellectuelle » dont elle a pourtant fait sa méthode. Aux yeux de Simone Weil, l’Iliade a plus d’importance et de valeur que l’Ancien Testament, et ce sont les Grecs qui préfigurent la venue du Christ, et non les Hébreux, jugeant de surcroît la notion de peuple élu incompatible avec l’idée qu’elle se fait de Dieu. […]
Par ailleurs, son opposition à l’installation juive en Palestine, autrement dit à une nation juive dans ce protectorat anglais, s’inscrit pleinement dans la ligne adoptée à l’époque par les organisations juives de France, hostile au parti pris nationaliste adopté par le Sionisme. C’est précisément, dans son intervention sur le sujet, le risque que soulève Simone Weil, celui de créer une nationalité nouvelle alors que « nous souffrons déjà de l’existence de nations jeunes, nées au dix-neuvième siècle, et animées d’un nationalisme exaspéré ». […]
Peut-être cette « haine de soi » qui semble caractériser Simone Weil est-elle d’ordre pascalien ? À la phrase bien connue de l’auteur des Pensées, « le moi est haïssable », fait écho la rude affirmation de la philosophe de La Pesanteur et la Grâce, « le seul chemin vers Dieu est de ne pas exister soi-même ». Or, chez cette intellectuelle repentie, les mots n’ont de réalité que dans leur réalisation : « La foi, c’est l’expérience que l’intelligence est éclairée par l’amour. » Cet effacement du soi, elle n’a eu de cesse de le pratiquer comme les grandes mystiques, dans une forme de dolorisme consenti, parce que depuis toujours, avant même sa « crise » et les questionnements qui en ont découlé, elle a vécu avec une conception chrétienne – et platonicienne – du monde. […]
Le choix de l’usine répond à une « nécessité intérieure », à une volonté de se mettre à l’épreuve du réel. Mais elle suit en cela la leçon de son ancien professeur, Alain, qui préconisait de raisonner à partir du concret et n’avait que mépris pour les spéculations industrielles abstraites. « J’ai l’impression surtout de m’échapper d’un monde d’abstraction et de me trouver parmi les hommes réels », écrit-elle à Simone Gibert en 1932. Son Journal d’usine, tiré de son expérience chez Alsthom et chez Renault, décrit cette réalité d’« établie » avant l’heure, attentive aux pénibles conditions de travail et aux instants d’entraide et de solidarité dont le désintéressement renouait avec la beauté.
C’est l’organisation sociale, que Platon appelle le « Gros Animal », qui prive l’ouvrier de l’accès à la beauté du monde. Car lui, le « Gros Animal », décide la finalité sur laquelle l’homme doit se régler, son action se trouvant ainsi vidée de son sens puisque l’homme doit désormais obéir à sa propre création. […] C’est ce qu’elle reproche au marxisme, et à ses tenants, qui est «obsédé par la production, et surtout par le progrès de la production ». Depuis la révolution industrielle, toute réflexion sur l’organisation du travail ne s’est jamais intéressée qu’à la production et non à celui qui produit.[…]
Restée proche d’une certaine tradition anarchiste, Simone Weil n’a eu de cesse de travailler sur les formes de vie en marge du droit. Ainsi, rompant avec la doxa marxiste, la révolution ne peut se traduire que par une émancipation complète et non par l’avènement, comme l’illustre l’exemple soviétique, d’une forme nouvelle d’oppression sociale. C’est ce qui la différencie des marxistes, cette conviction que toute transformation historique est davantage sociale que politique. Son rejet de la révolution s’explique si on l’appelle de ses vœux en y pensant « non comme à une solution des problèmes posés par l’actualité, mais comme à un miracle dispensant de résoudre les problèmes ». Simone Weil critique le mythe d’une conception scientifique de l’Histoire qui est au cœur de la réflexion développée par Karl Marx.[…]
L’œuvre de Simone Weil est d’une complexité d’autant plus fascinante qu’elle est en grande partie posthume, mise en ordre par deux artisans, gardiens ardents de sa pensée : Gustave Thibon, pour la partie spirituelle, et Albert Camus, pour la partie philosophique. […] Rendue à sa forme première, celle de fragments, dans ce volume, la pensée de Simone Weil y retrouve sa nature autant que son essence faite de fulgurances, d’élans et de brisures, pareils aux mouvements désordonnés des électrons qui sont pourtant une source prodigieuse d’énergie. Il n’est pas possible de l’épuiser. Cela explique que son influence et sa présence, tour à tour exaltantes, déconcertantes et irritantes, n’aient jamais cessé de croître.
Camus ne s’y était pas trompé : au moment de recevoir le prix Nobel, répondant à la question d’un journaliste lui demandant quels écrivains vivants comptaient pour lui, après avoir mentionné les noms de quelques auteurs et amis français et algériens, il avait déclaré : « Et Simone Weil – car il y a des morts qui sont plus proches de nous que bien des vivants. » 
 
Cécile A. Holdban, extraits de la préface au livre Ainsi parlait Simone Weil
 
 
LES DEUX NOUVEAUTÉSDU MOISEn librairie le jeudi 4 avril  2024Distribution Sofédis
 
Simone WeilAinsi parlait Simone WeilDits et maximes de vieChoisis et présentés par Cécile A. HoldbanCollection Ainsi parlaitISBN 978-2-845-90364-7 – 192 pages  –  14 €
 
Simone Weil (1909-1942) est morte à 34 ans après une vie aussi intense qu’héroïque. Bien qu’elle n’ait presque pas publié de son vivant, elle laisse une œuvre immense et d’une extrême diversité.À Normale Sup, Simone de Beauvoir, d’un an son aînée, est frappée par « sa réputation d’intelligence », « son accoutrement bizarre » mais plus encore par son extrême sensibilité aux malheurs d’autrui. Elle n’a alors pas même 20 ans.
« Tous les hommes admettent une morale rigoureuse quand il ne s’agit pas de l’appliquer. » Lorsqu'elle écrit ses lignes, Simone Weil commence sa vie professionnellle comme professeure de philosophie au lycée de Roanne. Dès la fin de l’année scolaire 1933-1934, elle quitte l’enseignement devenir ouvrière.
Marxiste, elle a compris pourtant que la révolution ne suffit pas à résoudre le problème social : « Le mot de révolution est un mot pour lequel on tue, pour lequel on meurt, pour lequel on envoie les masses populaires à la mort, mais qui n’a aucun contenu. » Elle n’a pas plus confiance dans les staliniens et les trotskistes que dans les réformistes : « Toutes les absurdités qui font ressembler l’histoire à un long délire ont leur racine dans une absurdité essentielle, la nature du pouvoir. »C’est au contact le plus proche avec la réalité que l’on peut comprendre les mécanismes de l’oppression et les moyens de s’en affranchir. De même, pacifiste, il lui faudra faire la guerre d’Espagne avec les anarchistes pour se donner le droit de parler de la paix.Poussant au plus loin cette expérience de la compréhension des autres et de la compassion, la jeune agnostique révoltée en vient à se rapprocher du christianisme. « Nous vivons une époque privée d’avenir, observe-t-elle. L’attente de ce qui viendra n’est plus espérance, mais angoisse. » Après sa mort paraîtront les textes incandescents de La Pesanteur et la Grâce et L’Attente de Dieuqui révèleront en cette infatigable militante l’une des grandes spirituelles de son siècle.
Alors que ses parents l'ont entraînée aux États-Unis pour fuir les persécutions anti-sémites, elle décidera de retourner en Europe  pour travailler à Londres au service de la France Libre. C'est là qu'elle meurt de la tuberculose et repose aujourd'hui encore. 
Cécile Holdban, poète et peintre, a déjà donné en 2019 un excellent Ainsi parlait Virginia Woolf. Chez ces deux femmes, une même volonté indomptable et la même extraordinaire créativité.
 
 
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Antonia PozziUn fabuleux silenceJournal de poésie 1933-1938Traduit de l'italien et présenté par Thierry GillybœufBILINGUECollection NeigeISBN 978-2-845-90367-8  –  276 pages  –  22 €
 
Les Éditions Arfuyen ont entrepris de publier en édition bilingue l’intégralité du Diario de poesia (Journal de poésie), qui constitue l’œuvre unique d’Antonia Pozzi. En 2016 a paru le premier volume intitulé La vie rêvée. Journal de poésie 1929-1933, qui a remporté un vif succès. Ce second volume, Un fabuleux silence. Journal de poésie 1933-1938, en constitue la dernière partie. Traduite en de nombreuses langues, elle est révélée pour la première fois en français grâce à la traduction intégrale de Thierry Gillybœuf, traducteur également de Quasimodo, Svevo ou Sinisgalli.
Malgré une mort prématurée à l'âge de 26 ans, Antonia Pozzi (1912-1938) a laissé une œuvre considérable dont la publication posthume a révélé la force et l'originalité. Vittorio Sereni a reconnu le premier ses dons exceptionnels. Eugenio Montale admirait chez elle la « pureté du son » et la « limpidité des images ». Et le grand T. S. Eliot lui-même se disait frappé par «sa pureté et sa probité d'esprit ».
Un an après sa mort, les éditions Mondadori ont publié sous le titre Parole, un premier ensemble de ses poèmes (1939). L'année suivante a paru sa thèse : Flaubert. La formazione letteraria (1940). En 1948, a paru enfin la totalité du Diario di poesia 1930-1938, préfacé par Montale. La publication de ses lettres (notamment à Sereni) a révélé une personnalité complexe et attachante.
Le Diario di poesia est un journal entièrement fait de poèmes: le miracle est que, grâce à la vivacité du regard et à la limpidité du style, ce journal ne tombe jamais dans le prosaïsme ni la complaisance. Comme Emily Dickinson, Antonia Pozzi n’a rien publié de son vivant. Pour elle aussi, la poésie constitue une sorte de journal secret où la vie entière est reprise et métamorphosée.
Dans sa parfaite immédiateté, son écriture est ainsi frappante de profondeur et de densité. La montagne (les Dolomites) est comme le symbole de son écriture, elle qui réconcilie le ciel et la terre, la vie et la mort. C’est là qu’elle trouve le refuge spirituel nécessaire pour s’affranchir d’un monde où l’épanouissement normal de sa vie de femme lui est refusé par les conventions sociales d’un milieu et d’une époque marqués par le patriarcat mais aussi le fascisme.
 
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TROIS LIVRES
À REDÉCOUVRIR
 
 
Virginia WoolfAinsi parlait Virginia WoolfDits et maximes de vieChoisis et traduits de l'anglais par Cécile A. HoldbanCollection Ainsi parlaitISBN 978-2-845-90287-9  –  176 pages  –  14 €
 
Qui a peur de Virginia Woolf ? Grâce à la pièce d’Edward Albee et au film interprété par Elizabeth Taylor, le nom de Virginia Woolf est entré dans le langage courant. La lit-on pour autant ? Ses grands romans – dont Mrs Dalloway, qui a pris au cinéma les traits de Vanessa Redgrave – ont révolutionné l’art romanesque, mais ne constituent qu’une partie parmi d’autres de son œuvre, qu’elle-même considérait comme secondaire par rapport à l’autobiographie.
Grâce à cet Ainsi parlait, on peut enfin explorer l’ensemble du parcours biographique et littéraire de cette femme hors du commun : profondément libre et rebelle à toute convention. Auteur de deux livres chez Arfuyen, traductrice fascinée par les écrivaines anglo-saxonnes comme Katherine Mansfield, Virginia Woolf ou Sylvia Plath, Cécile A. Holdban rend hommage à une de ses modèles d’artiste.
« Quelle vie doit-on mener ? La vie que l’on aime. J’aime écrire, j’aime le changement, j’aime lancer mon esprit dans les hauteurs et attendre de voir où il va retomber. » Virginia Woolf écrit ses lignes dans le monumental Journal qu’elle a commencé de rédiger lorsqu’elle avait 15 ans et qu’elle tiendra jusqu’à sa mort. Et dans une lettre à son ami Hugh Walpole ce qu’elle écrit poursuit la même interrogation : « Je pense parfois que seule l’autobiographie relève de la littérature ; les romans sont les pelures que nous ôtons pour arriver enfin au cœur qui est vous ou moi, rien d’autre. »
C’est la vie qui intéresse Virginia Woolf, et rien d’autre. Qui l’effraie aussi : « La vie, pour les deux sexes est ardue, difficile, une lutte perpétuelle. Qui demande un courage et une force gigantesques. » Ces lignes, elle les écrit dans un recueil de conférences intitulé Une chambre à soi. Dans ses journaux, lettres, essais, il n’est rien dont Virginia Woolf ne fasse l’objet de son écriture. Car écrire, pour elle, c’est avant tout se libérer : « Le premier devoir de la femme écrivain, c’est de tuer l’Ange du Foyer » (Journal).
Il faut avoir lu, bien sûr, les géniaux romans de Virginia Woolf – Mrs Dalloway, Les Vagues, etc. –, mais elle ne s’y trompait pas : c’est dans les écrits autobiographiques que nous arrivons avec elle « au cœur » : ce « cœur qui est vous ou moi, rien d’autre ».
 
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Antonia PozziLa vie rêvéeJournal de poésie 1929-1933Traduit de l'italien et présenté par Thierry GillybœufBILINGUECollection NeigeISBN 978-2-845-90226-8  –  320 pages  –  20 €
 
Le premier texte de ce Journal est daté de Sorrente, le 2 avril 1929 – elle vient d’avoir 17 ans. Ce premier volume s’achève le 25 septembre 1933 : « Ô toi / voile – de ma jeunesse, / ma robe légère, / vérité évanouie – / ô nœud / luisant – de toute une vie / qui fut rêvée – peut-être – // oh ! pour t’avoir rêvée, / ma chère vie, / je bénis les jours qui restent – / la branche morte de tous les jours qui restent, / qui servent / à te pleurer. » Tels sont les derniers mots du poème écrit ce jour-là, « La vita sognata » (La vie rêvée), qui donne son titre à ce volume.
Antonia Pozzi est née le 13 février 1912 à Milan. Elle est la fille de l’avocat du Duce, Roberto Pozzi, et de la comtesse Lina Cavagna Sangiuliani di Gualdana. Entrée en 1922 au lycée Manzoni, elle tombe amoureuse en 1927 de son professeur de latin-grec, Antonio Cervi, de quatorze ans son aîné. En 1929, elle écrit ses premiers poèmes. Elle entre en 1930 à la Faculté de Lettres et de Philosophie de l’Université de Milan, où elle se lie au grand poète Vittorio Sereni.
En 1931, son père espère l’éloigner de Cervi en l’envoyant en Angleterre. La liaison ne prendra fin qu’en 1934. En 1935, elle soutient sa thèse sur la formation littéraire de Flaubert. Le 2 décembre 1938, elle sera  retrouvée inconsciente dans un fossé de la banlieue de Milan, un poème de Sereni dans la main : suicide par barbituriques. Elle meurt le lendemain et est enterrée dans le petit cimetière de Pasturo.
Traduite en de nombreuses langues, elle est révélée pour la première fois en français avec la traduction intégrale du Diario di poesia, « journal de poésie » d’une tonalité très proche de la grande Katherine Mansfield. 
 
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Cécile A. HoldbanToucher terreCollection Les Cahiers d'ArfuyenISBN 978-2-845-90327-2 – 176 pages – 14 €
 
Le premier livre de Cécile A. Holdban publié par Arfuyen en 2016 imposait d’emblée une voix poétique nouvelle et évidente, que le prix Yvan Goll a immédiatement reconnue.
D’origine hongroise, familière des grandes figures de la littérature anglo-saxonne comme Katherine Mansfield et Virginia Woolf, Cécile A. Holdban aime à introduire dans ses recueils les voix des auteurs qu’elle traduit ou qu’elle aime (de János Pilinszky à Alejandra Pizarnik).
Ce nouveau recueil impose avec une sûreté et une délicatesse infinie un monde troublant et magnifique, peuplé d’obscures menaces et de grâces envoûtantes. Une voix simple et nue, venue d’on ne sait quel pays proche et lointain et qu’on ne peut oublier.
Il est rare, écrivions-nous en 2016, lorsque nous avons publié Poèmes d’après d’être saisi par la simple évidence d’une écriture. Ce nouveau livre de Cécile A. Holdban s’articule en 4 parties bien distinctes qui déterminent comme un itinéraire : « Labyrinthe », « Demeure », « Voix » et « Toucher terre ».
Lisons le tout premier poème de « Labyrinthe » : « Dans les livres / on dit qu’il faut libérer la parole / mais si j’ouvre ma bouche / n’en tombent que les corps / d’oisillons livides / trop tôt sortis du nid ». Voici celui de « Demeure » : « Aimer ce qui se délie / jusque dans sa chute » et celui de « Voix » : « Écoutez-nous : quelle étrange poésie nous habite, créatures d’os et de cris ! / Notre rivage est planté sur le monde, une tente de veilleur / sur le flux et le reflux du monde, ventre abritant le désir. »
Tout un monde d’herbes et d’oiseaux, d’abeilles et d’arbres. Solennel et familier à la fois. Jusqu’au dernier et admirable poème de « Toucher terre » : « Toucher terre lentement, à l’abri des sous-bois, / des cyclamens mauves, des lianes de ronces / les flammes des bruants voletant / entre l’ombre des haies / simplement toucher terre, / jusqu’à suivre, l’œil délivré dans les brins, / la lumière, le ruisseau clair, l’ambre, / jusqu’à la chute rousse du soleil. »
 
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LA REVUE DE PRESSE
 
 
25 mars 2024
 
20 mars 2024
 
19 mars 2024
 
14 mars 2024
 
9 mars 2024
 
7 mars 2024
La voie du large, de Michèle Finck, par Gérard Bocholier (La Vie)
 
7 mars 2024
 
7 mars 2024
Ainsi parlait Anatole France, lu par Philippe Barthelet (Valeurs actuelles)
 
Mars 2024
Ainsi parlait Eugène Delacroix, par Nelly Carnet (Le Journal des Poètes)
 
Mars 2024
Villa Florida, de René Schickele, lu par Isabelle Baladine Howald (Or Norme, magazine de la métropole strasbourgeoise)
 
 
 
 
 
 
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© 2024 Éditions Arfuyen
 
 
 
 
 

 

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Michel Eckhard-Elial 

publie
aux éditions de la Margeride
"Dans l'éclat des mots"
Ce livre fera l'objet d'une prochaine émission.
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Le  5ème prix Paul-Quéré

a été attribué à 

Lydia Padellec.

 

Voir historique du Prix

Voir couverture du livre 

"Le dernier refuge"

de Lydia Padellec

Voir :

https://leseditionssauvages.fr 

 

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Voir bulletin de complicité

Cet édito ne m’est pas aisé car j’ai perdu les mots. Cela arrive et ce n’est pas grave même si la cause en est un excès de maux qui dépasse la capacité — même pour une poète bien noire comme je peux l’être — d’assimilation et de transmutation, et ce n’est pas la démence épuisante des décideurs du monde qui va me faire retrouver l’art des mots pirouettes.

 

J’ai perdu les mots mais les silences font des trous dans le temps,  plongent au plus profond de sources insoupçonnées et ramènent dans leurs filets tendus à vif, une poignée de sable : l’essence de soi et des vibrations qui tournent autour des anciens mots, forment un tourbillon et les décapent jusqu’à l’os. Le reste est à brûler, brûler pour renaître, libre des mots radotés, des mots enkystés, des mots qui nous entravent, nous enferment dans les cachots de nos histoires.

 

Et après le labeur des silences, viendront les mots nouveaux, les mots graines.

 

CGC

 

 

 

Toute parole est là pour séduire la mort.

Anne Jullien

 

Pour voir le sommaire, c'est ici :

http://larevuenouveauxdelits.hautetfort.com/archive/2024/03/30/nouveaux-delits-n-78-6492008.html

 

 

Merci à toutes celles et ceux qui soutiennent cette revue fabriquée dans le Lot depuis plus de 20 ans !

 

 

Revue et association Nouveaux Délits – St Cirq-Lapopie (Lot)

http://larevuenouveauxdelits.hautetfort.com

http://associationeditionsnouveauxdelits.hautetfort.com/

 

 

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Retrouvez tous les titres des éditions
Troba Vox 
sur le site : 
https://trobavoxeditions.com/la-collection/ 

 

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BON DE COMMENDE

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Lire le poème du dimanche
choisi par Tahar Bekri :
"Elena" 
du poète uruguayen
exilé au Mexique 
Edouardo Milan 

 

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Soscripcion pel libre-CD

Cante per un poble”

Eric Fraj canta Robèrt Lafont

 

 

 

 

 

 

Amiga, amic,

ai cabussat dins l’univèrs poetic d’En Robèrt Lafont e ne torni amb 16 cançons (Morgan Astruc: guitarra, Tim Tchang: percussions, Sarah e Eric Fraj: cant). Son l’anma d’un libre-CD editat per Tròba Vox1, ont cabon paraulas e traduccions, de tèxtes de Danièla Julien, Joan-Ives Casanova, vòstre servent, las òbras del plastician Daidièr Mir e qualques suspresas. Lo podètz crompar per avança, per ajudar vos tanben, e decisivament, a son espelison (a la fin d’abril venent). De tot còr, mercés!

E. Fraj (15/02/24)

Per soscriure: siá comandar lo libre-CD sol pel prètz de 15€ (e lo recebretz tre sa sortida); siá comandar per 49 € lo libre-CD + unaestampa numerotada signada Mir (Retrach de Robèrt Lafont, 15 x 20 cm, la cobertura, o una autra gravadura de causir amb l’artista: didiermir@gmail.com)

 

D’enviar a: E. Fraj 4 rue Sant Laurenç – 31390 - Carbonne. ericfraj@hotmail.fr / 06 12 94 12 01

Nom : ……………………………………..............................................

Prenom : ...…………………………………...........................................

Adreça :…………………………………………………………...………………………………………………………………………...

Tel.: ..................................................................................................................

Mail:………………………......................@...............................................

Comandi: ………... exemplar(s) de “Parle a un pòble” al prètz de 15€ l’un (contra 20€ en comerç) 15€ x ...... .........(pòrt comprés)

Comandi……...exemplar(s) de “Parle a un poble” + una estampa de Mir 49 € x ...... = ......... (pòrt comprés)

Junhi un chèc de : …………………….. a l’òrdre d’Eric Fraj.

 

A ……………………….. lo ............................. Signi :

S’estimatz mai pagar per virament bancari, mandatz-me un corric ! Mercés !1https://trobavoxeditions.com/ Amb l’ajuda de la MARPÒC, de la Region Occitania, del CIRDÒC, de l’IEO-PACA, de l’IEO del Vilafrancat, de l’IEO d’Aude, etc. (totas las contribucions seràn indicadas dins lo libre-CD).

 

 

 

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Ce livre fera l'objet d'une prochaine émission

 

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Le Chant du balancier

Gilles Baudry

éditions Ad Solem, 110 pages, 17€.

En librairie ou sur : https://www.editionsadsolem.fr

 

Le temps est une ombre. Tout passe. Nous passons aussi comme fleurs des champs, mais en Celui qui ne passe pas, en « Dieu jeune ensemble qu’éternel » (Péguy). Déjà ici-bas, la lumière fait son miel de tout ce qu’elle touche. Prière et poésie se pollinisent . S’instaure au cœur de l’écriture le temps intérieur. Temps sans temps où affleure l’éternel, comme soustrait à l’écoulement des heures. Pour avoir offert l’hospitalité à l’invisible, l’évènement est quotidien et le mystère semble presque naturel. Des petites épiphanies du réel le poète fait une métaphore voilée de la Présence. Humble artisanat, ses mots silencieux suggèrent, en filigrane et en aparté, qu’on ne devrait pas évaluer notre vie en termes de pesanteur mais en mesure de grâce.

Gilles Baudry Gilles Baudry est poète et moine à l’abbaye bénédictine Saint-Guénolé de Landévennec en Bretagne. Il a publié en 2013 chez Ad Solem, Demeure le veilleur.

 

 

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Le romancier et poète 
Andrea Genovese
a fait paraître en français, italien
et anglais :

 

Belvedere n.70

octobre-décembre 2023

 

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FRANÇOIS MAURIAC

L’INGUÉRISSABLE JEUNESSE

par Philippe Dazet-Brun

éditions Memoring de Bordeaux

collection :Figures de Nouvelle-Aquitaine 2024

 

Romancier, poète, essayiste et dramaturge, François Mauriac – couronné par le prix Nobel de littérature en 1952 – est l’un des grands écrivains du XXe siècle. Journaliste, il fut également un acteur de la vie intellectuelle et politique au moment où le monde connut deux conflits généralisés, l’instauration des totalitarismes et la décolonisation, au moment aussi où la France traversa quatre régimes, l’Occupation et les bouleversements liés à l’établissement de la société de consommation. Catholique, il prit part aux débats de l’Église tout en cherchant le dialogue avec ceux qui ne partageaient pas sa foi. Homme de convictions, souvent à rebours de son milieu, Mauriac fut donc une figure marquante du siècle dernier, une voix qui conserve encore une portée dans le nôtre.

Cette biographie, enrichie par un apport iconographique souvent inédit, revient sur ce destin que l’on peut aisément placer sous le signe de l’inguérissable jeunesse.

14,00€

 

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Argumentaire Antigone Casimir Prat

Ce livre a fait l'objet de l'émission du

 mardi 13 février 2024

 

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La revue et éditions "Nouveaux Délits" font paraître :

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L’auteur :Josette Soulas Moyes est née le 25 décembre 1942, dans une banlieue proche de Paris, Issy-les-Moulineaux, mais le changement de vie de sa mère l’amena en Normandie, à l’âge de quatre ans. Elle n’a jamais été publiée, mais a toujours gardé un contact avec l’écriture, « petits papiers », porteurs de poèmes et d’histoires courtes, perdus, déchirés, retrouvés… Elle a suivi plusieurs ateliers d’écriture et depuis sa retraite, elle a consacré plus de temps et de travail à l’écriture. Elle a formulé, d’une façon qui l’a surprise elle-même, l’enjeu que représente ce chemin :  «  se réconcilier avec sa vie ». Sa vie, elle la partage entre l’Alsace (Strasbourg) et la Provence (Vaucluse-Ventoux).L’illustrateur, Philippe Chevillard« Auteur de BD amateur et illustrateur amateur, je consacre une partie de mon temps à la création de courtes bandes dessinées et l'illustration de textes d'auteurs pour des revues, recueils de poésie, ou affiches. Mes dessins ont été publiés aux éditions Jacques Flament, éditions des embruns, éditions Lamiroy, dans les distributeurs BDs de Short édition, ainsi que dans divers fanzines, recueils, et revues littéraires tels que : Traction Brabant, Le Soc, Le coquelicot, Poétisthme, Soleil Hirsute, La piscine, L’imagineur, L’utopie, Présences d’esprits, Lichen, Hélas, Opuscule, L’Ampoule, Caractère …  »https://philippechevillard.f28 pages agraféestirage numéroté imprimé sur papier 90 g & 250 g calcaire100 % recyclé

10 € + 3 € de port

 

 

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Délits buissonniers

est une collection de tirés à part

de la revue Nouveaux Délits

 

Vous pouvez lire Josette Soulas Moyes

dans le numéro 46 (octobre 2023)